Note sur le texte : 24 juan + commentaire, témoin Kanripo KR3e0001 (photolithographie Sibu Congkan de l'édition Ming à commentaires). La matrice doctrinale de toute la diététique du corpus - le livre que tous les autres citent sans le nommer.
Pitch
Le socle : le « Questions élémentaires » du Classique intérieur de l’Empereur Jaune est le canon fondateur de la médecine chinoise - et tout le corpus lui doit ses notions : le qi, les organes, les cinq saveurs, la mesure. Le premier chapitre pose la règle de vie dans sa forme éternelle : les anciens qui connaissaient la Voie « mangèrent et burent avec règle, se levèrent et se couchèrent avec constance, ne s’usèrent point en excès - c’est pourquoi corps et esprit vivaient ensemble jusqu’à épuiser leurs années du ciel ». Le troisième donne la première doctrine des excès de table : « la mutation du gras et du grain fin suffit à faire naître les grandes ébullitions » ; manger à se rompre défait les vaisseaux ; boire sans mesure fait remonter le souffle en révolte. La table des cinq saveurs et des cinq organes, le zangqi fashi lun qui dira à chaque aliment son organe - tout ce que les livres suivants mettront en recettes est écrit ici en doctrine. Le texte arrive par la recension de Wang Bing (762), revue par le bureau éditorial Song de Lin Yi : deux couches de savoir officiel sur le canon.
Passages signature
1. La règle de vie des anciens
« Les hommes anciens qui connaissaient la Voie se modèlèrent sur le yin et le yang, harmonisèrent les arts de la mesure ; ils mangèrent et burent avec règle, se levèrent et se couchèrent avec constance, ne s’usèrent point en excès - c’est pourquoi corps et esprit vivaient ensemble jusqu’à épuiser leurs années du ciel et passer cent ans. »
2. La table grasse
« La mutation du gras et du grain fin : elle suffit à faire naître les grandes ébullitions, reçues comme on reçoit le vide. Manger à se rompre : les nerfs et les vaisseaux se défont en travers, la dysenterie devient hémorroïde. Boire sans mesure : le souffle remonte en révolte. »
3. Le canon de la saveur
« Ce qui engendre les choses, c’est le souffle ; ce qui les achève, c’est la saveur » - la correspondance des cinq souffles et des cinq saveurs, la loi que tout le corpus applique : « on emploie la saveur - jamais en excès : l’excès aussi est maladie ».
L’aventure du texte
Le canon se compose en strates anciennes ; sa forme reçue est celle de la recension Tang de Wang Bing, qui commenta et réordonna le texte en 762, puis de la révision du bureau Song (Lin Yi, années 1060) - le premier texte du corpus à passer par deux filtres éditoriaux impériaux. Vingt-quatre juan avec le commentaire : le commentaire fait partie de la lecture, il glose la doctrine en médecine pratique.
Planche de fac-similé
La recension Song (Sibu Congkan) : la première page du chapitre de la règle de vie - « manger et boire avec règle ».