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Traduction française · passe 2 · témoin : Yinshan Zhengyao 1330 Kanripo SBCK

Yǐnshàn Zhèngyào 飲膳正要

Juan 1 · Chine (Texte intégral)

Chaque bloc de traduction peut déplier le texte chinois du témoin en regard (les termes du glossaire sont soulignés en pointillés, leur équivalent français apparaît au survol) ainsi que l'apparat des entrées de la nomenclature quand il existe. Les repères (folio ou ligne du témoin) sont indiqués à chaque bloc.

Préface impériale du Yinshan zhengyao (御製序)

中文 Texte original en regard folio KR3i0043_SBCK_001-1a
養生避忌 夫上古之人其知道者法於隂陽和扵術數食飲有 節起居有常不妄作勞故䏻而夀今時之人不然也 起居無常飲食不知忌避亦不慎節多嗜慾厚滋味 不䏻守中不知持滿故半百衰者多矣夫安樂之道 在乎保養保養之道莫若守中守中則無過與不及 之病春秋冬夏四時隂陽生病起扵過與盖不適其 性而強故養生者既無過耗之弊又能保守真元何 患乎外邪所中也故善服藥者不若善保養不善保 養不若善服藥世有不善保養又不䏻善服藥倉卒 病生而歸咎於神天乎善攝生者薄滋味省思慮節 嗜慾戒喜怒惜元氣簡言語輕得失破憂阻除妄想 逺好惡收視聴勤内固不勞神不勞形神形既安病 患何由而致也故善養性者先饑而食食勿令飽先 渇而飲飲勿令過食欲數而少不欲頓而多蓋飽中 饑饑中飽飽則傷肺饑則傷氣若食飽不得便卧即 生百病 凡熱食有汗勿當風發痙病頭痛目澀多睡 夜不可多食 卧不可有邪風 凡食訖温水漱口令人無齒疾口臭

[Note : mentions éditoriales du site jicheng - auteur : Husihui (忽思慧) ; dynastie Yuan ; année 1330 ; édition de base : impression palatiale de Jingtai 7 des Ming (1456), exemplaire de la Cité interdite (故殿 025429-025431) ; scans de la bibliothèque de l’Université de Pékin ; texte Kanripo du Sibu Congkan.]

Préface impériale

Nous considérons que l’homme comme les choses naissent tous en recevant le souffle du Ciel et de la Terre. Or les choses sont aussi ce par quoi le Ciel et la Terre nourrissent l’homme ; si l’on en use en perdant la manière de nourrir, on en vient à s’en détruire. Ainsi le lin, la soie, les légumes secs, le grain, le poulet, le porc - choses dont l’usage quotidien ne peut se passer - nourrissent grandement. Pourtant, l’excès fait perdre le juste milieu et l’insuffisance n’atteint pas le but : le dommage est le même. Si tel est le cas pour les choses qui nourrissent le plus, à plus forte raison faut-il la plus grande prudence pour celles qui ne nourrissent pas mais nuisent.

Ceci ne concerne encore que la nourriture de la bouche et du corps. Quant au gentleman, dans ses mouvements, son repos, sa tenue, ses sorties et ses rentrées, tout doit avoir son entretien : c’est aussi la manière de nourrir la vertu.

Nous avons examiné le Yinshan zhengyao de l’ancienne dynastie Yuan : rien de l’art de nourrir la bouche et le corps, ni de nourrir la vertu, n’y manque ; il fut, dit-on, le traité des médecins de haut rang de l’époque. Exercer leur art ainsi pour exprimer loyauté et affection ne s’écarte en rien de la voie des sages, aussi profonde soit-elle. Le bien n’a rien de plus grand que de prendre chez autrui ; prendre chez autrui pour faire le bien : c’est ce que le grand Shun pratiqua le premier. Nous approuvons ce livre, nous l’employons à aider notre propre conservation, et nous le faisons graver pour en étendre le bienfait aux hommes - c’est là, l’espérons-nous, quelque chose de la bienveillance qui aime la vie. Pourtant, la vie nous vient du Ciel et ne dépend pas de l’homme : si l’on s’y attaque soi-même, c’est comme se tenir sous un mur qui menace de tomber - n’en est-ce pas aussi l’affaire de l’homme ! Ainsi ce livre n’est-il pas seulement une aide à la conservation : il est une grande aide pour recevoir de bon gré ce qui est droit.

Premier jour du quatrième mois de la septième année de Jingtai (1456).

Préface de Yu Ji (虞集), 1330

中文 Texte original en regard folio KR3i0043_SBCK_001-2a
汗出時不可扇生偏枯 勿向西北大小便 勿忍大小便令人成膝勞冷痺痛 勿向星辰日月神堂廟宇大小便 夜行勿歌唱大呌 一日之忌暮勿飽食 一月之忌晦勿大醉 一歲之忌暮勿逺行 終身之忌勿燃燈房事服藥千朝不若獨眠一宿 如本命日及父母本命日不食本命所属肉 凡人坐必要端坐使正其心 凡人立必要正立使直其身 立不可乆立傷骨 坐不可乆坐傷血 行不可乆行傷筋 卧不可乆卧傷氣 視不可乆視傷神 食飽勿洗頭生風疾 如患目赤病切忌房事不然令人生内障 沐浴勿當風腠理百竅皆開切忌邪風易入 不可登髙履&KR1361;奔走車馬氣亂神驚䰟魄飛散 大風大雨大寒大熱不可出入妄為 口勿吹燈火損氣 凡日光射勿凝視損人目 勿望逺極目觀損眼力 坐卧勿當風濕地 夜勿燃燈睡䰟魄不守 晝勿睡損元氣 食勿言寢勿語恐傷氣 凡遇神堂廟宇勿得輙入

Votre serviteur a entendu que les anciens gentlemen qui cultivaient bien leur personne réglaient leurs mouvements et leurs repos pour nourrir la vie, ajustaient leurs boissons, leurs mets et leurs vêtements pour nourrir le corps, et entretenaient leur tenue et leur conduite pour nourrir la vertu. C’est pourquoi, lorsque le duc de Zhou établit les rites, il assigna aux levers, aux couchers, aux vêtements, aux boissons et aux mets du Fils du Ciel des officiers distincts, tous placés sous le Grand Ministre - précaution poussée au plus haut point.

Notre auguste Empereur, sage par la grâce du Ciel, d’une pensée profonde et pénétrante, préside le pavillon Yan, examine les livres matin et soir avec constance, honore et nourrit sa vertu et sa nature pour répondre aux dix mille affaires, et possède la voie du sage intérieur et du roi extérieur. Le duc de Zhao, notre ministre Chang Pulanxi, a alors présenté le Yinshan zhengyao, composé par son subordonné Husihui, médecin des boissons et des mets. Son exposé dit : jadis l’Empereur Shizu (Qubilai) vérifiait ses boissons et ses mets dans les bencao et réglait ses mouvements sur les règles ; c’est ainsi qu’il atteignit une grande longévité et laissa à ses descendants une félicité sans borne. Ce livre, dit-on, est le traité des médecins de haut rang de l’époque. Ah ! celui qui le présente sait exercer son art pour exprimer loyauté et affection.

Quand le livre fut présenté, le Palais central l’examina. Songeant aux avertissements sanitaires des ancêtres, appréciant le zèle du ministre à exposer sa doctrine, souhaitant aider l’empereur à rendre sa personne sincère et à pousser jusqu’au bout sa bienveillance envers le peuple, le Palais ordonna au directeur de l’Office central des Affaires, le ministre Baizhu, de le graver et de le diffuser largement. L’objet de cette entreprise : étendre le repos d’un seul homme pour que tous les hommes soient en repos ; étendre la longévité d’un seul homme pour que tous les hommes vivent longtemps. Grâce impériale : que pourrait-on y ajouter !

Le livre achevé, le surveillant de Dadu, le ministre Jinjienu, transmit l’ordre impérial qui me chargeait d’en écrire la préface. Votre serviteur Ji, après avoir deux fois salué et frappé le sol de son front, déclare :

Votre serviteur a entendu que le Commentaire des Mutations dit : « Grand est l’origine qian ; les dix mille choses en tirent leur commencement » ; « Achevée est l’origine kun ; les dix mille choses en tirent leur naissance ». La grande vertu du Ciel et de la Terre n’est rien d’autre que donner la vie sans cesse. Aujourd’hui, le saint Empereur règne en haut : voie du qian ; la sainte Impératrice suit avec soumission au centre : voie du kun. Les voies de qian et de kun étant accomplies, rien n’est plus florissant : ce peuple et ces choses qui naissent en ce temps, quelle chance est la leur ! Que l’on proclame hautement ces choses, pour que l’Empire et les générations le sachent. Que la hauteur lumineuse et l’épaisseur immense soient ainsi visibles - oh, quelle magnificence !

Premier jour du cinquième mois de la troisième année de Tianli (1330) ; composée respectueusement par votre serviteur Yu Ji, lettré chargé des écrits du pavillon Kuizhang, lettré direct de l’Académie Hanlin, grand officier central servant, connaissant les proclamations, co-rédacteur de l’histoire d’État.

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