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Dossier de la bibliothèque

Trois cartes : ce que la diététique a voyagé

La Route de la Soie culinaire, la diffusion des textes vers la Corée puis le Japon, et les deux voies singulières du Tibet et du Viêt Nam - trois cartes stylisées pour voir le corpus en mouvement.

Comment lire ces cartes

Ce sont des cartes de relations, pas de géographie exacte : les positions des villes sont approximatives, les lignes disent des mouvements attestés par les textes. Le trait plein marque la diffusion d’un texte - un livre qui a voyagé ; le trait pointillé marque l’influx de produits et de drogues que les livres enregistrent.

La Route de la Soie culinaire

La Route de la Soie culinaire

La diététique chinoise est née ouverte : avant même les Tang, la luzerne et la vigne étaient venues de l’Ouest ; en 647, l’épinard - le « légume du pays perse » - entre dans les registres. Le rouleau du Shiliao Bencao (A02), scellé à Dunhuang puis retrouvé dans la bibliothèque murée en 1900, en est le témoin : les produits de l’Orient tout entier convergent vers Chang’an, la première capitale de la diététique. Et la route maritime fait le reste : la famille Li, lettrés de souche persane installés à Canton, compose le Haiyao Bencao (A50) - le livre des drogues venues par la mer.

La diffusion vers la Corée et le Japon

La diffusion vers la Corée et le Japon

Les textes, eux, voyagent vers l’Est : les formulaires Song rejoignent Hanseong, où les livres de Joseon (A33, A34) compilent la bibliothèque chinoise - et y conservent, en citations, des œuvres perdues en Chine même (A28, A29). Par Busan, les rééditions coréennes traversent vers le Japon ; mais la grande voie fut directe : en 984, l’Ishinpo (A41) compose à Heian-kyō la matrice de la voie japonaise. Sous Edo, l’école naturaliste - Ino Jakusui, Kaibara Ekiken - relit le Gangmu à l’épreuve du terrain japonais (A35, A36).

Le Viêt Nam et le Tibet : deux voies singulières

Le Viêt Nam et le Tibet

Deux traditions ont fait du canon chinois autre chose qu’une filiation. Au Viêt Nam, la matière médicale impériale descend vers Thăng Long - et s’y transforme : Tuệ Tĩnh (A45) distingue les « remèdes du Sud » (nam dược), le Nam Dược Thần Hiệu (A43) les recueille, et Hải Thượng Lãn Ông (A44) compose la grande bibliothèque vietnamienne. Au Tibet, le Rgyud bzhi (A42) fait sa synthèse des médecines indienne et chinoise - et pose la diététique en pilier : chaque chapitre commence par le manger-boire.

Les dossiers de la bibliothèque distinguent les faits attestés des reconstructions argumentées. Les textes historiques décrivent des savoirs de leur époque : ils ne constituent pas des recommandations médicales contemporaines.