Comment lire ce graphe
L’axe horizontal est le temps, des Rites de Zhou (-300) au dernier bencao Qing (1883). Chaque œuvre est rangée dans sa famille : la doctrine, le canon des bencao, la clinique et les formulaires, l’aliment comme savoir, la table - puis les voies coréenne, japonaise, tibétaine et vietnamienne, et enfin le miroir occidental.
Trois traits, trois certitudes : le trait plein marque une filiation documentée - une citation, une école, une reprise explicite ; le pointillé long marque une strate citationnelle - le texte perdu qui ne nous parvient que par citations, ou une influence lointaine ; le pointillé fin marque les cas limites - homonymie (les deux Shijian Bencao, A07 et A69) et l’extrait moderne (A54).
Le cercle plein est un texte complet ; le cercle pointillé est une œuvre perdue, reconstruite ou fragmentaire - le graphe montre que ces fantômes sont souvent des nœuds : A23, A27, A28, A29 survivent dans les livres qui les ont cités.
Ce que le graphe révèle
Trois artères structurent tout. La ligne de l’école de Sun Simiao : du juan 26 des mille ors (A04) au premier bencao des aliments (A02), à Zan Yin (A15), aux formulaires impériaux des Song (A16, A17, A18). La ligne de la vieillesse : de Chen Zhi (A13) au juan fondateur de Zou Xuan (A12) à l’esthétique de Gao Lian (A19) - qui nourrit à son tour la table Qing. Et l’épine du canon bencao : Shennong (A20), Mingyi Bielu (A21), la pharmacopée des Tang (A22), le livre perdu de Chen Cangqi (A23) - jusqu’à la somme de Li Shizhen (A03), point de convergence de tout le corpus.
Puis le corpus devient voyage : vers la Corée (A15→A31, la mémoire des textes perdus dans le 醫方類聚), vers le Japon (l’Ishinpo, matrice des textes perdus ; le Gangmu lu par Jakusui ; la maison Manase), vers le Tibet (l’apport chinois du Rgyud bzhi), vers le Viêt Nam (de l’Hong Nghĩa aux livres de Hải Thượng) - et enfin vers l’Occident : Bretschneider lisant les sources chinoises en 1882, le miroir dans lequel la tradition s’est d’abord vue elle-même.
La règle de lecture
Le graphe n’est pas exhaustif : les 69 notices portent des centaines de relations secondaires. Il dessine les artères - les liens que les préfaces, les citations et les catalogues documentent. Où le corpus hésite, le graphe hésite : le pointillé, jamais la certitude de façade.