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Dossier de la bibliothèque

Le graphe de transmission : qui cite qui

Soixante-neuf œuvres, cinquante-neuf artères principales : la cartographie des filiations documentées du corpus, des Rites de Zhou au livre de famine de Wang Shixiong - et vers la Corée, le Japon, le Tibet et le Viêt Nam.

Graphe de transmission du corpus Nourrir la vie

Comment lire ce graphe

L’axe horizontal est le temps, des Rites de Zhou (-300) au dernier bencao Qing (1883). Chaque œuvre est rangée dans sa famille : la doctrine, le canon des bencao, la clinique et les formulaires, l’aliment comme savoir, la table - puis les voies coréenne, japonaise, tibétaine et vietnamienne, et enfin le miroir occidental.

Trois traits, trois certitudes : le trait plein marque une filiation documentée - une citation, une école, une reprise explicite ; le pointillé long marque une strate citationnelle - le texte perdu qui ne nous parvient que par citations, ou une influence lointaine ; le pointillé fin marque les cas limites - homonymie (les deux Shijian Bencao, A07 et A69) et l’extrait moderne (A54).

Le cercle plein est un texte complet ; le cercle pointillé est une œuvre perdue, reconstruite ou fragmentaire - le graphe montre que ces fantômes sont souvent des nœuds : A23, A27, A28, A29 survivent dans les livres qui les ont cités.

Ce que le graphe révèle

Trois artères structurent tout. La ligne de l’école de Sun Simiao : du juan 26 des mille ors (A04) au premier bencao des aliments (A02), à Zan Yin (A15), aux formulaires impériaux des Song (A16, A17, A18). La ligne de la vieillesse : de Chen Zhi (A13) au juan fondateur de Zou Xuan (A12) à l’esthétique de Gao Lian (A19) - qui nourrit à son tour la table Qing. Et l’épine du canon bencao : Shennong (A20), Mingyi Bielu (A21), la pharmacopée des Tang (A22), le livre perdu de Chen Cangqi (A23) - jusqu’à la somme de Li Shizhen (A03), point de convergence de tout le corpus.

Puis le corpus devient voyage : vers la Corée (A15→A31, la mémoire des textes perdus dans le 醫方類聚), vers le Japon (l’Ishinpo, matrice des textes perdus ; le Gangmu lu par Jakusui ; la maison Manase), vers le Tibet (l’apport chinois du Rgyud bzhi), vers le Viêt Nam (de l’Hong Nghĩa aux livres de Hải Thượng) - et enfin vers l’Occident : Bretschneider lisant les sources chinoises en 1882, le miroir dans lequel la tradition s’est d’abord vue elle-même.

La règle de lecture

Le graphe n’est pas exhaustif : les 69 notices portent des centaines de relations secondaires. Il dessine les artères - les liens que les préfaces, les citations et les catalogues documentent. Où le corpus hésite, le graphe hésite : le pointillé, jamais la certitude de façade.

Les dossiers de la bibliothèque distinguent les faits attestés des reconstructions argumentées. Les textes historiques décrivent des savoirs de leur époque : ils ne constituent pas des recommandations médicales contemporaines.