Note sur le texte : Témoin WYG complet : 414 plantes dont 276 nouvelles pour la tradition bencao, départements 米穀/果/菜 ; les planches gravées (chaque plante illustrée) ne sont pas transcrites.
Pitch
Le premier manuel illustré des plantes de famine de l’histoire du monde - écrit par un prince : Zhu Su, cinquième fils du fondateur des Ming, prince de Zhou en fief à Kaifeng, voit le Henan dévasté et fait collecter les plantes sauvages, les cultiver en jardins d’essai, les décrire et les peindre. En 1406 paraît la « Matière médicale pour secourir la famine » : quatre cent quatorze espèces, dont deux cent soixante-seize jamais enregistrées dans les bencao - le plus gros apport botanique depuis la pharmacopée Tang. Et le livre dit ce que nul autre ne dit : comment rendre mangeable. Chaque notice porte le protocole de détoxification - ébouillanter, tremper, rincer, dresser à l’huile et au sel - pour que l’affamé « prenne l’acore et laisse l’aconit ». Le seul livre du corpus écrit pour la faim - par l’homme qui commanda aussi le plus grand formulaire (A18).
Passages signature
1. Le programme de la préface
« Depuis Shennong qui goûta les herbes, les bencao enregistrent surtout les choses qui combattent la maladie, et de ce qui se mange pour remplir le ventre, rien. Mencius dit : quand les cinq grains ne mûrissent pas, les folles-avoines valent mieux. Pour que l’affamé prenne l’acore et laisse l’aconit. »
2. Le protocole universel, répété 373 fois
« Cueillir les feuilles tendres, ébouillanter, tremper à l’eau, rincer propre, dresser à l’huile et au sel. »
La formule qui transforme la verdure sauvage en nourriture - la première écriture de la détoxification comme savoir public.
3. La notice complète
Chaque espèce : nom, image, terrain, partie comestible (deux cent cinquante-sept racines, quatre cent soixante-dix-sept pousses, cent soixante-dix-sept fruits) et son procédé d’apprêt - trempage, lavage, cuisson.
L’aventure du texte
La notice du Siku a corrigé l’attribution : le compilateur est bien Zhu Su le père, non le prince Xian le fils. L’édition de base de notre témoin est la réimpression de Lu Dong (1555), qui divisa chaque juan en deux - la transcription porte le texte, les planches d’origine sont perdues dans ce témoin. Le livre eut une postérité internationale rare : Bernard Read le traduisit en anglais à Shanghai en 1946 - Famine Foods - ce qui en fit le texte chinois de la famine connu du monde entier. Même auteur que le Puji Fang : le prince écrivit les deux versants du « secourir le peuple » - la plus grande compilation de remèdes et le premier herbier de survie.
Planche de fac-similé
Les planches du Jiuhuang Bencao sont sa gloire - dessins de plantes faits pour la reconnaissance en plein champ. Édition 1555 de Lu Dong ou édition japonaise de 1716 : planche candidate dès qu’un scan libre est confirmé.