Note sur le texte : 2 kwon en six classes (五穀/五菜/五菓/藥中草/藥中木/五石金土水) - un inventaire de la cuisine et du garde-manger Edo classé selon l'axe 宜/禁 (convenable/interdit), incompatibilités comprises. Trois témoins : OCR NDL + édition imprimée Kyoto + manuscrit Kyoto.
Pitch
Le manuel du « oui/non » alimentaire, par le fondateur de la médecine japonaise moderne : Manase Dōsan, le maître de l’école gosei-ha qui domina la médecine d’Edo, classe toute la substance quotidienne autour d’un seul axe - 宜/禁, ce qu’on peut manger, ce qu’il faut éviter. Pas les drogues savantes : ce qu’on a dans la cuisine. Six classes - les cinq grains, les cinq légumes, les cinq fruits, les herbes, les arbres, les pierres, métaux, terres et eaux - et pour chacun la nature, la saveur, le bénéfice, et les contre-indications croisées : quand c’est bon, quand c’est dangereux, avec quoi cela ne se mélange pas. La transposition japonaise du manuel domestique chinois - la doctrine des incompatibilités devenue guide de table.
Passages signature
1. Le programme : classer l’usage, pas la drogue
Dōsan n’inventorie pas les drogues : il classe ce qu’on a dans la cuisine - grains, légumes, fruits, condiments, eaux - et pour chacun il dit quand c’est bon (宜) et quand c’est dangereux (禁).
2. La fiche type
Nature, saveur, bénéfices - puis les contre-indications croisées : l’aliment est défini autant par ses relations que par sa nature. L’incompatibilité devient propriété de la substance.
3. Les six classes
Les cinq grains, les cinq légumes, les cinq fruits, les herbes de médecine, les arbres de médecine, les cinq pierres, métaux, terres et eaux : le monde comestible et pharmacal rangé selon une seule question - convient-il, ou faut-il s’en garder.
L’aventure du texte
Manase Dōsan (1507-1594), médecin de l’empereur et des shōguns, fonda la lignée qui donna la maison médicale la plus influente du Japon d’Edo ; son fils Gensaku (A38) continua le manuel de table. Le Gikin circula en manuscrits et en éditions : notre corpus en réunit trois témoins - l’OCR NDL, une édition imprimée et un manuscrit, tous deux scannés à Kyoto (fonds Fujikawa), l’attribution confirmée par les manifestes IIIF.
Planche de fac-similé
Le manuscrit Kyoto (RB00001824, fonds Fujikawa, scans IIIF publics) : une page de la classe des grains, la règle 宜/禁 en colonne.